Entrer et vivre dans le temps de l'Avent

Du Carmel à l'évêché de Rodez

Le 4 avril 2013, Mgr François Fonlupt recevait la presse pour annoncer sa décision de l’installation de l’évêché de Rodez et de Vabres dans les locaux du Carmel de Rodez. Les raisons de ce projet...

Du carmel à l'évêché de Rodez : les raisons

Entretien avec... Mgr  François Fonlupt, évêque de Rodez et de Vabres

Comment est née la genèse du projet ?
J’ai été nommé évêque de Rodez et de Vabres au printemps 2011 et je me suis installé ici dès le mois de juin de la même année. Comme nouveau pasteur de ce diocèse, je me suis attaché, depuis lors, à en découvrir et connaître aussi bien l’environnement  et les territoires qui le composent, que les femmes et les hommes qui y vivent et le font vivre.

Parmi ces lieux, vous avez aussi découvert celui dans lequel vous vivez : l’évêché. En quoi ce lieu est-il important  ?
Parce qu’il est un symbole, parce qu’il est à la fois un lieu de vie, en sa qualité de résidence de l’évêque, du vicaire général et du chancelier, mais également un lieu de travail pour la curie diocésaine (conseil épiscopal, chancellerie, vicaire général), pour le secrétariat général, les archives diocésaines et, actuellement, le service des pèlerinages.

Qu’avez-vous observé et constaté ?
En voyant évoluer toutes les équipes, dans ce lieu, il m’est apparu assez rapidement que son utilisation n’était pas satisfaisante et demandait à être repensée.

C’est-à-dire ?
De nombreux espaces ne sont pas exploités, les salons de réception ne sont pas utilisables. Les lieux de conservation des archives méritent une étude sérieuse de sécurisation (contre les affres du temps notamment) et, surtout, les lieux de travail de la curie et du secrétariat général s’avèrent bien trop vétustes et exigus.

Quelles perspectives entrevoyez-vous ?
Un réaménagement global, lourd et coûteux est de toute façon à envisager avec le propriétaire, le Conseil Général de l’Aveyron, pour rendre ce lieux fonctionnel et rationnaliser son utilisation.

Témoignage

Mon père, en tant qu'agent Gaz de France, s'occupait de la maintenance du chauffage au gaz au Carmel. Lui, il connaissait, mais moi non. J'ai dû rentrer une fois, ou deux... mais juste à l'entrée. Je ne connais pas. Il doit y avoir beaucoup de travaux à réaliser. C'est bien surtout si c'est pour dépenser moins d'argent. Mais il ne faudrait pas qu'on ferme l'évêché actuel car c'est un symbole pour les ruthénois. Tous les gens ont l'habitude d'y aller. Il attire beaucoup les touristes et ce serait même bien qu'ils puissent visiter l'intérieur !
Pierre, un jour, sur le marché de Rodez

Paroles d’expert

Une réflexion menée avec méthode et concertation

La configuration de l’évêché actuel a fait apparaître la nécessité de mener une réflexion de fond sur la rénovation des bâtiments actuels, dont l’Eglise n’est pas propriétaire ou le transfert vers un autre site dont l’Eglise serait propriétaire. Cette étude et le lancement d’un éventuel projet immobilier ont requis un examen précis par le Diocèse puisque ce projet l’engage sur une longue durée. Quel qu’il soit, l’investissement projeté se doit de répondre à un besoin, exprimé de façon claire et normalement réalisable.

L’évaluation du besoin
En premier lieu, il s’agit de penser des lieux d’habitation et de travail fonctionnels, tout en rationnalisant l’occupation de l’espace nécessaire, estimé aujourd’hui à 1.100 m2. Par ailleurs, la sécurisation des archives diocésaines était un élément incontournable. Enfin, il est apparu indispensable d’optimiser les coûts et charges de fonctionnement.

L’inscription de ce projet dans le temps
La prise en compte des conditions de vie et de travail s’est accompagnée de la prise en compte de l’évolution démographique du clergé : depuis 1694, date de sa construction, cet ensemble de bâtiments a dû voir beaucoup de monde y vivre, travailler et servir. Il y a encore dix ou quinze ans une dizaine de personnes, évêque, prêtres y vivaient, avec la présence d’une communauté religieuse. Cette présence s’est peu à peu amenuisée. Aujourd’hui seulement trois personnes logent sur place, et dix à douze personnes viennent y travailler régulièrement ou ponctuellement.

Des contraintes techniques et des visées pastorales
Personnes et biens devront pouvoir être accueillis en toute sécurité, en veillant à ce que ce lieu de l’Eglise diocésaine demeure accessible et visible.

 D’après les éléments techniques préparés par M. Xavier CAZALS, économe diocésain