Visite Ad Limina

Les évêques de France auprès du Saint-Père

Pour le diocèse de Rodez, le père Daniel Boby, administrateur diocésain, se rend à Rome du 5 au 12 septembre.

A partir du 6 septembre 2021, les évêques de France reprennent leurs visites ad Limina.

La visite ad limina, du latin ad limina apostolorum (« au seuil [des basiliques] des apôtres »), désigne la visite que chaque évêque fait périodiquement au Saint-Siège. Les évêques métropolitains se rendent à Rome en plusieurs groupes, chacun rassemblant plusieurs Provinces ecclésiastiques et membres associés à la Conférence des évêques de France (comme le diocèse de Monaco et les évêques de rites orientaux en France).

En mars 2020, un premier groupe constitué des Provinces de Rouen, Rennes, Poitiers, Tours et Bordeaux avait débuté cette visite suspendue sur décision du Saint-Siège en raison des risques liés au coronavirus.

En route pour le tombeau des apôtres

Par Mgr Éric de Moulins-Beaufort,

archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France

Entre le lundi 6 septembre et le samedi 2 octobre 2021, les évêques de France, répartis en trois groupes, se rendront à Rome pour la visite ad limina.

"Ad limina" cela veut dire : aux tombeaux des Apôtres et même, plus précisément, « aux seuils » des Apôtres. Car les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul ne sont pas les lieux où reposent des morts. Ils marquent plutôt l’entrée de ceux-ci dans la vie éternelle par la grâce de leur martyre, c’est-à-dire de leur fidélité vécue jusqu’au bout au Christ Jésus, le Seigneur vivant, mort pour les péchés des hommes et ressuscité pour leur vie. L’habitude s’est donc prise assez vite dans l’histoire que les évêques, succédant aux apôtres, aillent lorsque c’était possible, en quelque sorte « recharger » leur foi en se rendant à Rome et en y priant auprès des deux Apôtres, celui à qui le Seigneur a confié l’unité de son troupeau et l’apôtre des nations, celui qui a porté à tous les peuples la bonne nouvelle qu’ils étaient appelés à avoir part, eux aussi, à la vie éternelle en Dieu.

La visite ad limina permet donc aux évêques de relancer leur zèle apostolique, à la fois en s’unissant à l’acte de foi des deux Apôtres et en rencontrant le successeur actuel de saint Pierre, directement et à travers les principales directions de la Curie, la Curie étant l’ensemble organisé de ceux qui aident le pape à remplir sa mission.

Trente par trente environ, par groupes de provinces ecclésiastiques donc, nous serons à Rome une semaine. Elle sera ouverte par la messe sur la tombe de saint Pierre, dans la crypte de la basilique. Ensuite, nous irons, matin et après-midi, visiter les dicastères, c’est-à-dire les ministères du Pape, les uns après les autres. Un rapport a été envoyé en janvier au Pape ; il a été partagé en différents chapitres, chacun destiné à un dicastère différent. Le cardinal responsable les recevra, avec ses principaux collaborateurs ; un évêque du groupe, désigné par ses pairs, présentera en dix minutes l’essentiel de ce qui est vécu en France concernant le domaine dont le dicastère est chargé et les questions que le groupe veut soumettre ; le cardinal exprimera son appréciation du rapport reçu et une discussion s’engagera alors.

Chaque jour, les évêques, en groupe, iront célébrer dans une des basiliques majeures (Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran). Cette semaine offrira donc à chaque évêque la possibilité précieuse de reprendre méthodiquement les différents aspects de sa charge et de sa mission, en bénéficiant de la compagnie d’un nombre consistant de ses frères et d’un éclairage venant de l’Église universelle entière. Chacun aura préparé le rapport avec le ou les vicaires généraux du diocèse, les responsables des paroisses et des services. Au retour, il aura à partager les fruits de ses rencontres et des réflexions que la semaine aura permises avec les acteurs pastoraux du diocèse.

Découvrez donc ici les visites ad limina, leur histoire, leur organisation, et voyez comment elles rendent concrète la communion de l’Église, dans l’espérance de la communion éternelle dans la Résurrection.

Les évêques de la province de Toulouse, le 3 décembre 2012, à la sortie de leur audience avec le pape

Les visites s’organiseront de la façon suivante :

Groupe 1

Du 6 au 11 septembre 2021

Audience pontificale le 10 septembre.

Marseille, Ajaccio, Avignon, Digne, Fréjus-Toulon, Gap, Nice.

Montpellier, Carcassonne et Narbonne, Mende, Nîmes, Perpignan-Elne. Toulouse, Albi, Auch, Cahors, Montauban, Pamiers, Rodez, Tarbes et Lourdes.

Églises Orientales : Éparchie Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Éparchie Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France, Éparchie Saint-Vladimir-le-Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin de France Principauté de Monaco.

 

Groupe 2

Du 20 au 25 septembre 2021

Audience pontificale le 23 septembre. 

Paris, Créteil, Évry-Corbeil-Essonnes, Meaux, Nanterre, Pontoise, Saint-Denis, Versailles.

Diocèse aux Armées.

Clermont, Le Puy-en-Velay, Moulins, Saint-Flour.

Lyon, Annecy, Belley-Ars, Chambéry, Grenoble-Vienne, Saint-Etienne, Valence, Viviers.

 

 

Groupe 3 

Du 27 septembre au 2 octobre 2021

Audience pontificale le 1er octobre.

Lille, Arras, Cambrai.

Reims, Amiens, Beauvais, Châlons, Langres, Soissons, Troyes.

Besançon, Belfort-Montbéliard, Nancy, Saint-Claude, Saint-Dié, Verdun.

Strasbourg et Metz.

Dijon, Autun, Nevers, Sens-Auxerre, Prélature de la Mission de France.

L'histoire des visites Ad Limina

La visite ad limina, du latin ad limina apostolorum (« au seuil [des basiliques] des apôtres »), désigne la visite que chaque évêque effectue tous les cinq ans au Saint-Siège. Cette visite est d’abord un pèlerinage sur les tombeaux des apôtres Saint Pierre et Saint Paul. Elle permet également de renforcer les liens avec le Saint-Siège, ainsi qu’entre diocèses et entre provinces.

D’après le Directoire pour la visite ad limina, publié par le Saint-Siège en 1988, il n’existe pas de date précise concernant l’apparition dans l’histoire des premières visites ad limina mais de nombreux témoignages mentionnent son existence dès le IVe siècle. Saint Grégoire le grand établit au VIe siècle que cette visite aurait lieu tous les cinq ans.

Au XVIe siècle, suite au concile de Trente, Sixte Quint réforma, par la constitution apostolique Romanus Pontifex (1585), la discipline régissant les visites ad limina en y introduisant une règle imposant l’obligation d’informer le Pape périodiquement sur l’état matériel et spirituel des Églises particulières. Malgré les innovations des souverains pontifes successifs, les trois aspects fondamentaux de la constitution sixtine concernant les visites ad limina demeurent. Il s’agit de vénérer les tombeaux des Apôtres Pierre et Paul dans leurs basiliques, rendre visite au Pape et remettre un rapport sur la situation du diocèse.

À l’origine, chaque évêque devait, en personne, se présenter à Rome. Les papes Paul VI et Jean-Paul II ont fait évoluer cette tradition notamment avec la constitution Pastor Bonus (1988).

Les visites ad limina sont, aujourd’hui, organisées par groupes d’évêques (provinces ecclésiastiques ou inter provinces). Ecclésialement, elles permettent pour chaque évêque, une rencontre avec celui qui est à la tête de l’Église, le Pape et ses collaborateurs et une expérience de communion avec ses frères évêques. Les évêques français se rendront à Rome en trois grands groupes.

En mars 2020, un premier groupe constitué des Provinces de Rouen, Rennes, Poitiers, Tours et Bordeaux avait débuté cette visite suspendue sur décision du Saint-Siège en raison des risques liés au coronavirus. Les précédentes visites ad limina des évêques français ont eu lieu en 2003-2004 puis 2012.