Lettre du pape François aux prêtres, le 4 août 2019

Chers frères,

Nous fêtons les 160 ans de la mort du Saint Curé d’Ars que Pie XI a présenté comme patron de tous les curés du monde [1]. Je veux vous écrire cette lettre en sa fête, non seulement aux curés, mais aussi à vous tous, frères prêtres qui, sans faire de bruit, “quittez” tout pour vous engager dans la vie quotidienne de vos communautés.... (lire la suite)

Relayant la lettre du pape François aux prêtres de l'Aveyron, Mgr François Fonlupt s'adresse à son tour à ses frère.

 

Chers frères et amis,

Vous savez certainement que je suis absent quelques temps du diocèse en cette période de reprise de l’année pastorale. Invité par les évêques de la Conférence Episcopale du Pacifique, accueilli par le diocèse de PAPEETE et son pasteur Mgr Jean Pierre COTTANCEAU, j’anime une retraite pour des prêtres des diocèses de  Noumea (Nouvelle Calédonie), Port Vila (Vanuatu), Taiohae (Marquises), Wallis et Futuna, et Papeete (Tahiti). Ces jours se prolongeront par un temps de formation et également de rencontre de quelques communautés de ce diocèse. C’est pour moi l’heureuse découverte non seulement de lieux magnifiques où l’été semble se prolonger, mais également de communautés vivantes où les prêtres (pas plus nombreux que chez nous) sont bien soutenus par des diacres (eux plus nombreux), des catéchistes, serviteurs de la Parole, de l’Eucharistie ou responsables de communautés. Je retrouve ici quelques aveyronnais comme Léon Lemouzy et Nicolas Jakimowycz.

Un peu éloigné géographiquement, je ne vous oublie pas pour autant, et l’animation de la retraite, à partir de ‘La joie de l’Évangile’, m’amène à réfléchir et à méditer sur des points importants de notre vie d’Église et de sa responsabilité missionnaire.

Ce matin, nous avons repris et approfondi la lettre que le Pape François a adressée à tous ses frères prêtres le 4 août dernier, jour de la fête du Saint Curé d’Ars. En la commentant, je ne pouvais le faire sans penser à vous et au soin que nous prenons ensemble du Peuple de Dieu qui nous est confié. C’est ce qui m’amène à vous transmettre cette lettre en l’accompagnant de ce courrier.

Le pape François l’adresse ‘à vous tous, frères prêtres… engagés dans la vie quotidienne de vos communautés… à vous qui portez sur vos épaules le poids du jour et de la chaleur… souhaitant qu’ils trouvent dans leur évêque la figure du frère aîné et du père qui les encourage en ces temps difficiles…’

Cette lettre a un double objet : remercier, au nom du Peuple de Dieu, de tout ce qu’il reçoit de chaque prêtre ; et nous encourager à recevoir de manière forte et renouvelée les paroles du Christ : ‘Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis.’ (Jn 15,15)

Face à la souffrance actuelle qui n’est pas non plus indifférente aux prêtres, le pape nous redit qu’il serait injuste de ne pas être reconnaissant pour tant de prêtres qui donnent tout ce qu’ils sont, et continuent à prendre des risques avec joie pour l’Évangile.

A la manière de Paul, il ne ‘cesse de rendre grâce, quand il fait mémoire de vous’. (Ep 1,6). Action de grâce pour l’appel reçu, pour la prière de Jésus qui nous choisit et nous appelle. Il invite à retrouver ces moments lumineux où nous faisons l’expérience de l’appel du Seigneur à consacrer toute notre vie à son service. Nous avons prononcé un OUI, ne perdons pas la reconnaissance du passage du Seigneur dans notre vie.

Et de déployer cette reconnaissance à travers les formes diverses de notre réponse et de notre service.

Merci pour votre fidélité, pour la joie avec laquelle vous avez su donner vos vies.

Merci de vous efforcer de renforcer les liens de fraternité et d’amitié dans le presbyterium et avec votre évêque.

Merci pour le témoignage de persévérance et d’endurance dans l’engagement pastoral.

Merci pour l’Eucharistie, pour l’annonce de l’Évangile, pour toutes les fois où vous vous laissez émouvoir jusqu’aux entrailles…

Sans oublier de rendre grâce pour la sainteté du Peuple fidèle de Dieu.

Le pape vient également nous inviter au courage, pour nous arracher à une ‘douce tristesse’ pour contempler comment, avec le Christ, la joie naît et renaît toujours. Le Seigneur est le premier à combattre pour vous et pour moi.

Il nous appelle à ne pas négliger ces deux liens constitutifs de notre identité de prêtre, le premier avec Jésus, le second avec notre peuple.

Il nous suggère enfin de contempler Marie, lui demandant la confiance de l’enfant.

Cette lettre du Pape François est dense et belle. Elle demande que nous prenions du temps pour la recevoir, la laisser nous rejoindre, nous interroger, et ainsi éclairer, interpeller et soutenir notre ministère tel que nous sommes appelés à le vivre dans l’Église qui est la nôtre.

Il est heureux pour nous, comme pour les communautés de baptisés, que cette lettre nous soit offerte comme un soutien et un appel. C’est en ce sens que je vous la transmets, même si elle vous est déjà parvenue par les moyens habituels.

La recevoir, ce peut être la travailler, personnellement, en fraternité de prêtre ou en doyenné, en conseil presbytéral. Peut-être que ces lieux d’échange, de réflexion et de prière nous permettront de nous préciser en quoi cette adresse du pape vient nous rejoindre et nous stimuler.

Je nous souhaite donc à tous un heureux accueil de cette lettre, comme un soutien et un appel pour ce que nous sommes appelés à vivre aujourd’hui. C’est également l’occasion pour moi de vous redire ma volonté de servir l’unité et l’élan de notre presbyterium dans l’aujourd’hui de notre Église.

Soyez assuré de  ma proximité, de ma communion et de ma prière avec vous tous.

Le 28 août 2019

François Fonlupt, évêque d Rodez et Vabres