Fraternités missionnaires de proximité

Confinées ?

Depuis un mois déjà nous vivons enfermés chez nous. Après un temps où beaucoup d’entre nous sont restés comme hébétés, il fallait s’organiser d’une façon nouvelle et déployer de nouvelles formes de communication et d’entrer en relation. Nous n’allons pas répéter tout ce qui s’est mis en place un peu partout en France : vous le savez déjà et le suivez au jour le jour depuis le 17 mars. Ce que nous voudrions partager avec vous, c’est la conviction que la situation présente nous fait sortir de notre « zone de confort », de quitter nos habitudes et, peut-être aussi, nos façons d’agir et de penser un peu trop automatiques. Et cela concerne également, bien entendu, la fraternité que nous proposons de vivre au sein de nos fraternités missionnaires de proximité.

Mgr Dubost a écrit à ce sujet ceci :

La fraternité n’est pas, pour nous, un « bon » sentiment. Elle est l’expression de l’Alliance avec Dieu et, notamment, de la présence en soi de l’Esprit Saint, qui permet - s’il est accepté - d’aimer jusqu’au don total de soi-même, et de vivre déjà dans la gloire de Dieu. Dieu est le lieu de notre fraternité."
(Le courage du geste fraternel, Paris, Artège, 2015)

Sur la page du site du secrétariat général de l’enseignement catholique se trouve un très bel article intitulé « Abécédaire de la Fraternité ». Il parle de notions telles que alliance, bien commun, hospitalité, joie, lien, solitude, temps… Tout ce que nous essayons à mettre en pratique dans nos groupes de fraternités. Que la grâce de Dieu nous y accompagne, que l’Esprit saint nous apprenne à mettre en pratique.

Père Jean-Didier Sohotodé et Agnieszka Rutschmann

 

Nous avons demandé aux membres de fraternités du diocèse de nous écrire des témoignages sur la façon dans laquelle ils vivent leur fraternité en/avec/et malgré le confinement.

En voici quelques-uns... ce que les uns et les autres ont voulu partager.

On est toujours en recherche

Dans le sud Aveyron, Francis confectionne des petits personnages pour exprimer ce qu'il ressent, ce qu'il vit, ce qu'il perçoit.

Quand je fais une poupée j’ai des peurs. Une fois fini, je suis fier de chaque personnage qui n'est pas le même que autres.

Trois personnage, l’un qui pourrait être moi et autre Claire, vêtue d’un habit et les yeux ouvrerts qui regarde et devant ce corona qui nous empêche de vivre Pâques comme on voudrais le faire.

Moi j’aime bien  mes poupée : elles sont aujourd'hui plus génial que mes premières. Aujourd’hui, j’ai trouvé des yeux plus beaux. On est toujours en recherche, comme dans notre vie. Il faut toujours espèrer trouver la bonne solution et avoir confiance en soi. En ce temps de carêmes pas comme les autres, il faut penser que l’on va sortir plus grand moralement. Bon courage à tous.

Francis

La fraternité dans le confinement

Pour nous, le confinement, nous permet de se poser des questions sur notre mode de vie. Dieu nous permet de réfléchir, de prendre des décisions sages. Nous apprenons à découvrir les petites attentions agréables de chaque personne de notre village…

Nous essayons un maximum d’être là les uns pour les autres même si nous ne pouvons nous côtoyer : faire des courses pour les autres si nous devons nous y rendre pour nous même, prendre plus de nouvelles les uns des autres.

Les appels aussi de nos voisins, de nos familles nous font chaud au cœur.

Nous restons persuadés que Dieu par ce virus nous envoie un message digne de sa toute puissance : aimez-vous, aidez-vous, prenez soin de votre entourage. Stop aux guerres, aux méchancetés et à l’égoïsme humain. Dieu ne nous a pas permis de vivre pour tout détruire. Son message est tellement simple. Pour notre part la fraternité et l’amour sont essentiel à notre belle vie et à notre survie.

Prions et remercions Dieu : nous prions pour les familles endeuillées et les personnes en souffrance dans la maladie. Aujourd’hui, nous sommes tous remis au même niveau, les touts puissants, les riches, les pauvres… Face à ce virus : Aimons-nous !!!

Nous en profitons pour faire tous ce que nous n’avions jamais le temps de faire : Dieu nous offre du temps… Nous prenons les choses du bon côté. Gardons surtout notre foie, notre amour pour Dieu et gardons confiance en lui. Ceci est une leçon…. Rien n’arrive par hasard.

Sonia et Jérémy, La Romiguière

 

A Estaing, la fraternité s'agrandit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Estaing...

Quatre des huit membres de la Fraternité missionnaire habitent dans la même rue. Depuis le 18 mars, nous vivons un rendez-vous quotidien : voulant rejoindre symboliquement  le mouvement, nous ouvrons les fenêtres pour la première fois, à 20h pour applaudir les soignants. Si notre petit quartier n’est pas spécialement fréquenté surtout depuis le confinement,  quelle ne fut pas notre surprise : il fait nuit, et, dans la rue, une silhouette passe sous nos fenêtres et apercevons, … une blouse blanche ! Notre voisine, aide-soignante qui avait fini sa journée est entrée chez elle sous les applaudissements ! Et c’est maintenant avec elle que nous applaudissons ! La Fraternité s’agrandit…

Comment je vis mon confinement

Personnellement, je consacre davantage de temps à la prière. Je suis, un peu plus souvent aussi, sur l'ordinateur de la maison paroissiale, pour recevoir les divers messages en provenance du diocèse ou du doyenné. Je les transmets à une dame d'un village voisin afin qu'elle les diffuse auprès des abonnés à la lettre paroissiale. J'envoie, directement, ces mêmes messages aux non abonnés dont je connais l'adresse mail ; j' en distribue, sur papier, à quelques familles qui n'ont pas Internet.

Je reçois des coups de fil des uns et des autres, j'en donne aussi, de mon côté. Je continue d'ouvrir et de fermer l'église, chaque jour. Même, en ce temps de confinement, des personnes du village viennent en toute discrétion confier le monde à Marie ; des cierges allumés laissent une trace de leur passage.

Je me soumets aux consignes qui nous sont sans cesse rappelées. Je me sens solidaire de tous et pense beaucoup aux familles qui ont perdu l'un des leurs.

Des gestes remarquables d'attention aux autres se déploient en divers lieux sur la paroisse saint Pierre de la Vallée du Tarn et du Causse Noir. J'ai incité, ce matin, quelques personnes à en témoigner. Bon courage pour concrétiser votre sympathique initiative !

Soeur Marie-Gilles
paroisse Saint-Pierre-de-la-vallée-du Tarn

Vite dit, vite lu...

Attentifs les uns aux autres

Simplement, en cette période de confinement, nous essayons de rester en contact les uns avec les autres par mail et téléphone. Étant l'animateur de notre petit groupe de fraternité missionnaire de proximité, j'ai envoyé un court message avant les Rameaux avec un texte pris dans Prions en Église sur les passages de la Passion dans les quatre évangiles.

Dans le groupe, il y a des personnes âgées qui vivent seules. Nous essayons d'être attentifs à leurs éventuels besoins (courses). Et bien sûr, nous continuons à être en communion de prière.

François

La tendresse du Seigneur nous immerge 

Mode d'emploi ? trucs et astuces ? Boîte à outils ? Un peu de tout cela et rien de semblable à la fois. P., paroissienne de Notre-Dame-de-L'Assomption (Rodez, Le Monastère, Olemps-La Mouline) offre un témoignage empreint de vérité et d'intériorité.

Pour vivre la fraternité pendant ce temps de confinement, j'ai besoin de... (lire la suite)

Laissez venir à moi les petits enfants !

Nous avons eu à garder un de nos petits enfants (6 ans) pendant cette période car ses parents étaient en voyage. On ne lui est parle pas de Dieu chez lui. Mais nous avons prié avec lui le 25 mars, quand les cloches ont sonné. Maintenant, le soir avant de s’endormir, c’est lui qui réclame que nous nous réunissions tous les trois pour la prière du soir. En quelques jours seulement, il a appris ce qu’il appelle la prière de Jésus : notre Père.

Il a voulu rester avec moi lors de la messe des rameaux télévisée depuis Rome. Sans avoir demandé d’explication particulière , il m’a reparlé le lendemain de la passion avec des détails précis : « ils ont tiré au sort ses vêtements, ils l’ont cloué sur la croix  ».  C’est bien sûr une mission de grande proximité ! La proximité des enfants avec Dieu m’émerveille toujours !

Josseline

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Semaines de confinement, très difficile à vivre : manque de contact, être toujours à la maison.

Pendant le confinement : prendre contact avec les personnes de mon entourage, et surtout les gens seuls, isolés et parfois sans famille. Fabriquer des masques, rendre service aux personnes en difficulté, partager de desserts avec le voisinage.

Et sur le plan de la religion ? Suivre les cérémonies par le biais du net, TV. Écouter en semaine des chants pieux.

Brigitte

Merci, je suis vivant !

Depuis quelques être confinés ne veut pas dire être coupé du monde.

Servons-nous de cet appareil qui dans d'autres moment pouvait nous énerver... je veux parler du téléphone. Utilisons ce fil qui relie les hommes, il n'a jamais rendu autant de services qu'en ce moment. Sachons en profiter, n'hésitons pas à appeler, même ceux qui parfois bavardaient pendant des heures... au moins en fin de journée, nous pourrons dire Merci mon Dieu "je suis vivant" !

Jean

Un tout petit virus...

Un petit virus s'est invité au pied d ela croix... (lire la suite)

Message de la pastorale des personnes handicapées

Redécouvrir la fraternité

En ce qui me concerne, j'ai trouvé le virus un peu angoissant, au début, car il est question d'un ennemi invisible... Notre époque moderne avait été jusque là épargnée par un simple virus que personne ne peut voir... Que Dieu protège tous ceux qui nous sont chers !

En confinement, s'est installée une petite fraternité familiale, rythmée par les étapes de la journée : entraide pour le télétravail des parents et des enfants, préparation des repas après petites concertations pour les menus, repas en commun tous les quatre,... à laquelle se sont ajoutés d'autres instants de partage et de fraternité. Choix de quelques programmes TV et de quelques activités manuelles ensemble, balade quotidienne à pied à deux autour d'ici, rangement de placards, de la bibliothèque, choses qui n'avaient pas été faites depuis des années....

Nous avons aussi pris le temps de téléphoner plus souvent et plus longuement à la famille par skype, aux ami(e)s, et de parler aux voisin(e)s, à une distance convenable bien sûr... Nous avons relayé par SMS l'appel des évêques de France invitant à disposer une bougie sur nos fenêtres, le jour de l'Annonciation : le 25 mars. Les voisins ont suivi cet appel... C'était joli ces petites lumières... Une bougie allumée cela parle à tous les coeurs...

Cette période de confinement est l'occasion de redécouvrir à nouveau une certaine fraternité dans notre société... Que Dieu guide nos pas sur le chemin qui s'ouvre à nous tous !

M.T