Assemblée plénière des évêques de France

Lourdes, du 3 au 8 novembre 2018

Discours d'ouverture, samedi 3 novembre

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marserille, président de la Conférence des évêques de France

Discours de clôture, jeudi 8 novembre

Mrg Georges Pontier, archvêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France

Discours d'ouverture de Mgr Georges Pontier

Dans le troisième chapitre de son exhortation apostolique, Gaudete et exultate, le Pape François relit les béatitudes... (lire la suite...)

Discours de clôture de Mgr Georges Pontier

La liturgie de ces jours qui ont suivi la fête de Toussaint a soutenu notre prière et notre travail en assemblée... (lire la suite...)

Communiqué de presse final

De l'assemblée plénière des évêques de France, Lourdes, jeudi 8 novembre 2018... (lire la suite...)

 

Abus sexuels sur mineurs

M. Jean-Marc Sauvé, vice-président honoraire du Conseil d'État, président de la commission indépendante

À la suite de l’Assemblée plénière des évêques de France qui s’est réunie à Lourdes du 3 au 8 novembre 2018 et conformément aux décisions annoncées le 7 novembre, la Conférence des évêques de France a avancé dans la mise en place d’une commission indépendante... (lire la suite...)

Croire aux fruits
de toute rencontre

Nous sommes aux dernières heures de l’assemblée plénière de la CEF à Lourdes, six journées denses, garnies de rencontres et d’échanges à travers de multiples informations, communications et réflexions sur des sujets dont il importe que nous les abordions et les réfléchissions ensemble. (Pour mémoire : écho du synode des jeunes sur la foi et le discernement vocationnel, les enjeux actuels de l’Union européenne, l’Enseignement catholique, la communication dans les diocèses, la santé financière de diocèses…)

Le premier jour de cette assemblée a revêtu une tonalité toute particulière en raison de l’actualité dans nos diocèses, des questions lourdes que porte notre Eglise en France, le décès récent par suicide de deux jeunes prêtres des diocèses de Rouen et d’Orléans. L’après-midi de ce premier jour nous avons accueilli et rencontré sept personnes victimes d’actes de pédophilie. C’est sur ce moment important que je voudrais revenir.

Cette initiative était envisagée depuis plusieurs mois, attendue nous le savions par les personnes victimes. Le choix retenu a été de les rencontrer en quatre groupes d’une trentaine d’évêques, pour favoriser l’expression, l’écoute, l’échange, et ainsi, la recherche de ce qui pourrait ouvrir un avenir.

N'ayez pas peur

Ce sont eux qui ont ouvert la rencontre par une parole commune qu’ils souhaitaient exprimer : « N’ayez pas peur ! C’est sous cette invitation du Christ que nous voulons placer cet échange. Cet après-midi ce n’est pas non plus sans appréhension que nous sommes là. Nous nous sentons un peu comme Joseph, affublés d’une tunique, celle de victime, que nous n’avons pas choisie… /… Et vous de votre côté, vous vous sentez peut-être affublés d’une tunique que vous n’avez pas choisie : représentants d’une Eglise qui est attaquée, affaiblie, jugée, condamnée pour les agressions sexuelles commises, couvertes, tues.’…

Il a fallu du temps pour que cette étape s’envisage et, dans les esprits, devienne possible. Mais la rencontre a eu lieu parce que, de part et d’autre il y avait la volonté de la vivre en profondeur en acceptant chacun d’être ce que nous sommes, avec la confiance que quelque chose de nouveau pourrait en surgir.

Cette écoute a permis une bien plus grande prise de conscience de la gravité des actes et de leurs conséquences lourdes pour celles et ceux qui les ont subis. Il n’y a pas de prescription aux souffrances physique, psychique, spirituelle qui ont pu être éprouvées. Cela nous l’exprimons de plus en plus, mais ce soir-là il nous a été donné de le percevoir de manière profonde et surtout ensemble. C’est une prise de conscience commune qui a ainsi pu s’opérer.

Le temps était trop court, mais cet événement a transformé notre manière d’être en relation les uns avec les autres. De deux groupes différents, l’un blessé et agressé et l’autre préoccupé de sauver ce qui pouvait l’être… nous sommes devenus davantage liés, dans l’accueil de cette blessure partagée, et amenés à regarder ensemble et à chercher à préciser ce qui pourrait être mis en œuvre dans le tout proche avenir pour que de tels actes ne puissent se reproduire.

Et j’ose croire que cette étape nous ouvre un chemin possible, dans la volonté commune de poursuivre ce qui doit être un combat.

Les journées qui ont suivi, ont continué à nous faire avancer, et murir au sein de notre assemblée.
Cela nous a amenés à nous engager ensemble sur un certain nombre de points importants : la création d’une commission indépendante pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950, la volonté de s’engager dans un travail de mémoire et de recueil des récits de personnes victimes pour inviter à ne pas oublier ces actes qui ont blessé la vie de bien des personnes ; la proposition d’un geste financier, signe de reconnaissance de leur état de victimes.

A cela doit s’ajouter un travail de sensibilisation et de formation en proximité là où des enfants et des jeunes sont accueillis par des structures d’Eglise. Je souhaite que d’ici le printemps 2019 nous puissions proposer une journée de ce type pour le diocèse.

Ces objectifs sont importants, c’est l’assemblée en son ensemble qui s’y est engagée. Ils viennent nous obliger, dans un lien étroit avec les personnes victimes à initier tout ce qui peut être possible pour que notre Eglise soit une ‘maison sûre’.

Du chemin reste à parcourir, mais du chemin a été parcouru, la journée du 3 novembre vient en marquer une étape toute particulière.

Cela nous invite à croire que dans bien des lieux de nos vies, du neuf peut surgir de la rencontre.

+ François Fonlupt, évêque de Rodez