Le blog du Synode

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Synode diocésain

Lucette Perroud,
secrétaire générale du synode

La dernière des trois rencontres de l’assemblée synodale (29-30 avril 2017) a permis de traduire les motions (14-15 janvier) et initiatives (4-5 mars) en propositions d’actions. La chaîne de télévision Kto était présente et a interviewé quelques uns des participants de cette 3ème assemblée synodale. En voici un écho, illustré par quelques unes des actions proposées, comme mise en bouche avant la publication des « Actes du Synode ».

Interview de Lucette Perroud, co-secrétaire générale du synode

Qui êtes-vous ?

Membre d'une EAP et d'une équipe de solidarité en lien avec le CCFD et le Secours Catholique, je suis dans le civil co-présidente d'un réseau d'associations qui s'occupe d'emploi et d'insertion, en partenariat avec les entreprises. Pour le synode, le secrétariat avait à faire vivre ce projet de notre évêque, et les deux co-présidents, Philippe et moi, nous avions à faire vivre la synodalité dans notre équipe du secrétariat, engager le dialogue, pour produire à la fois la logistique, tous les documents nécessaires à la réflexion, permettant au synode d'aboutir.

 

Comment on vit et fait vivre la synodalité ?

A l'intérieur d'une équipe déjà, il faut une écoute réciproque, beaucoup de bienveillance, mais aussi l'exigence des débats, ne pas perdre le cap de ce qui nous a été demandé, c'est-à-dire donner les moyens à notre Église de dialoguer sur « être disciple-missionnaire » aujourd'hui, là où nous sommes plantés, pour que les hommes aient la vie. C'était notre défi et cela a nécessité des débats entre nous, car on peut avoir des approches différentes, des points de vue différents de par nos insertions dans des lieux de vie différents, parce que tous les territoires ne se ressemblent pas.

 

Quel est l'enjeu pour le présent et le futur le diocèse ?

Le synode n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Notre évêque avait amorcé une dynamique à travers des visites pastorales qui ont entraîné une lettre pastorale, où il faisait le constat que nous changions d'époque et que nous avions besoin comme Eglise diocésaine de nous remobiliser pour parler à nos contemporains, pour être leurs compagnons de route, pour leur dire la Bonne Nouvelle. Nous avons essayé de servir cet objectif à travers la mise en place du synode.

 

Qu'est-ce que ce synode va apporter ?

Je verrai deux niveaux : (1) Cela apportera l'expérience d'une Eglise en dialogue ; on a appris à dialoguer ensemble, prêtres, laïcs, religieux, diacres, évêque aussi, en étant sur un pied d'égalité ; dans le synode, on vote de la même manière ; c'est une expérience qui va nous marquer, je l'espère, dans l'église diocésaine, mais qui va perdurer aussi dans les paroisses, dans les différents services et mouvements, parce que l'on a besoin de ce dialogue pour construire ensemble. On ne peut pas s'enfermer dans un repli communautaire, ou dans son service ou son mouvement ; comme dans la société, on est bien obligé de s'ouvrir et de dialoguer, sinon, c'est le blocage. (2) A travers les actions votées, ce synode va aussi nous amener un renouveau à la fois de nos pratiques, dans notre manière d'entrer en relation avec les personnes de nos lieux de vie quotidienne, dans le monde, une manière renouvelée de célébrer notre foi et de nous ancrer dans la Parole.

 

Sur les difficultés rencontrées, dans l'organisation...

Dialoguer ensemble ne va pas sans difficulté. Si le dialogue ne permet pas un déplacement des deux parties, il n'est pas forcément fécond. Il y a eu des difficultés, des réticences, mais on est arrivé à notre objectif.

 

Pourquoi est-ce important que l’Église se mette à l'écoute de ses membres ?

C'est important parce que l'on a chacun des richesses. Aujourd'hui où l'on est quand même moins nombreux dans l’Église Catholique, il importe de mettre en commun nos ressources pour inventer du nouveau. Si on se réfère à Vatican II, on ne le fait pas pour nous, mais pour les hommes avec qui nous vivons. Le Royaume n'est pas que pour ceux qui sont là, mais l’Église est là pour le monde. Se renouveler, et en même temps s'ouvrir, apporter la Bonne Nouvelle, sans prosélytisme, en entrant en dialogue pour permettre à ceux et celles que nous rencontrons de bénéficier de ce que peut apporter le message chrétien, la foi chrétienne. Dans un compagnonnage, un dialogue, parce que celui qui est en face de nous a autant à nous apporter. L'évêque a beaucoup insisté à la fin de cette 1ère rencontre de l'assemblée synodale du week-end.

 

Ce qui vous a marqué dans ce que vous avez entendu ?

J'ai retenu notamment la proposition d'un service, d'une coordination de la diaconie sur le département, parce qu'il me semble que l'on est nombreux à s'impliquer dans la solidarité. La nouveauté serait d'associer à ce projet des personnes qui ont pu bénéficier de l'aide de tel ou tel service ou des personnes au bord de la route dans la société. Comme l'a dit le p. François Durand, c'est à la fois pour nous former, pour amener un service à ces personnes, mais aussi pour lutter contre ce qui produit la précarité, un certain nombre de fragilités pour nos frères qui restent au bord de la route. Je trouve cette proposition d'action intéressante, cette coordination, cette mise en synergie des talents, des ressources et une ouverture à l'autre à travers les personnes qui se retrouvent dans des situations fragiles. La proposition du bus itinérant : l'action en elle-même est très circonstanciée, mais ce que je trouve intéressant, c'est l'idée qu'il y a derrière, d'imaginer d'autres formes de présence de l’Église sur le territoire du diocèse, que ce soit en zone rurale, ou dans les quartiers et les villes, et intégrer l'itinérance. Après, le bus, je ne sais pas, mais l'idée qui est derrière. On a à se déplacer, et j'espère que viendront des initiatives sur le dialogue avec le monde. Une initiative va dans ce sens, qui était de créer un comité éthique et citoyen pour réfléchir aux questions d'aujourd'hui, quelque chose à chercher pour dialoguer avec le monde d'aujourd'hui et avec les personnes que nous rencontrons dans notre vie sociale et associative.

 

Un exemple de proposition votée par l'assemblée synodale...

Promouvoir le service du frère : une « diaconie de l'Aveyron » (5.3)

  • Proposition : Créer une coordination synodale de la charité ou « Diaconie de l'Aveyron ». Assurer du lien entre les différents lieux où se vit la diaconie (services caritatifs) au niveau diocésain et paroissial. Donner des outils pour se former, animer, appeler, pour la charité (centre de ressources, formation à la doctrine sociale de l’Église, partage d'expérience, conférences, parcours Zachée, Docat...). Relier action contre la pauvreté et lutte contre ses causes. Former des accueillants à l’écoute, pour mieux accueillir toutes les personnes telles qu’elles sont et répondre à leurs situations.
  • Public visé : Les acteurs de la charité, aidants et aidés. Tout baptisé. 
  • Acteurs : EAP, délégués par doyenné
  • Moyens : Mettre en place un conseil diocésain de la diaconie ; un permanent, un diacre référent.
  • Lieux : Paroisses, doyennés, diocèse