Le blog du Synode

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Synode

Démarche missionnaire et acte spirituel

Si le terme peut effrayer, à la première audition, il n’en reste pas moins évocateur d’une démarche qui s’inscrit naturellement dans la vie d’une Église diocésaine comme acte fondateur, signe de la responsabilité de tous, engageant le présent et l'avenir de l'Église diocésaine.

Au sens strict, le mot "synode" n'est rien d'autre que l'équivalent grec du latin "concile", lequel veut dire : assemblée convoquée. Mais l'étymologie du mot "synode" est plus suggestive : non seulement "faire route ensemble", selon une explication répandue, mais plus justement "franchir le même seuil", c'est-à-dire "habiter ensemble" (une étymologie proposée notamment par le théologien Arnaud JOIN-LAMBERT). Le mot "synode" paraît donc convenir au projet d'une Église qui ne soit pas d'abord hiérarchisée et pyramidale, mais conviviale et coresponsable, au titre des sacrements de baptême, confirmation et eucharistie conférés à tous les chrétiens.

Dans l'usage de l'Église catholique, le mot "concile" est plutôt réservé aux assemblées universelles regroupant les évêques du monde entier (conciles généraux, sinon œcuméniques, vu l'état de séparation des Églises chrétiennes). Pour sa part, le mot "synode" s'applique à des assemblées plus réduites, tels les synodes d'évêques délégués, régulièrement tenus depuis Vatican II, ou encore des synodes nationaux et régionaux, voire continentaux, et bien sûr les synodes diocésains qui, depuis quelques années se sont multipliés, notamment en France.

Démarche missionnaire 

Un synode diocésain peut donc comporter, non seulement des assemblées plus ou moins centralisées, mais tout un réseau de rencontres préparatoires, permettant d'associer à la recherche diocésaine le plus grand nombre possible de personnes. Il est également souhaitable d'enraciner la recherche ecclésiale dans la vie locale (enquêtes, questionnaires, présence d'invités), afin que, d'une part, le synode se nourrisse de la vie des hommes et des femmes qui habitent son territoire et que, d'autre part, son message puisse trouver quelque écho dans la société contemporaine. En ce sens, un synode n'est pas seulement une activité interne, mais il participe de la responsabilité missionnaire de l'Église locale. 

Comme toute instance de concertation, le synode recourt à des méthodes de travail, pratiquées dans la société civile du moment : enquêtes, sondages, motions, amendements, etc. L'ambiguïté vient du fait que, d'une part, comme tout groupe humain, l'Église ne peut faire l'économie de modes de fonctionnement plus ou moins efficaces et que, d'autre part, elle n'est pas simplement calquée sur les sociétés démocratiques. Ainsi : la présidence revient au Christ, invisible mais présent ; l'impulsion est celle de l'Esprit Saint ; la charte indépassable n'est autre que l'Évangile. Les ministères "ordonnés" (et pas seulement "reconnus" ou "délégués") ont justement pour objet de "réaliser" ou "représenter" le Christ ressuscité. La prière et la célébration, outre le fait qu'elles rassemblent dans l'unité de la foi et soutiennent le vivre ensemble de la communauté, ont pour effet d'ancrer la démarche synodale dans la réalité du mystère pascal confié à l'Église pour qu'il soit célébré et annoncé. 

Acte spirituel 

Ainsi un synode diocésain est-il aussi et d'abord un acte "spirituel" au sens plein du terme, non pas seulement un organe de gouvernement. Il atteste la collégialité de l'Église ; il exprime la responsabilité de tous dans la diversité des fonctions, ministères et charismes. Il engage le présent et l'avenir de l'Église diocésaine, à travers la définition des priorités et modes d'action ordonnés au double service de la mission et de la communion. Le synode est un acte à la fois symbolique et pratique : il manifeste la nature de l'Église et oriente son activité.

Pascal Fournier (in Église en Rouergue n°22 du 14 décembre 2014)