Gaudete et exsultate

L'exhortation apostolique du pape François sur l'appel à la sainteté dans le monde actuel

Gaudete et exsultate

Après l’Église en sortie d’Evangelii gaudium, l’Église de la miséricorde d’Amoris laetitia, voici donc l’Église de la sainteté. Dans l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate, rendue publique lundi 9 avril au Vatican, le pape François dessine en effet une Église toute entière appelée à être un « peuple saint », dans la logique du concile Vatican II et de sa redécouverte de la vocation universelle à la sainteté.

Dieu « veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance », affirme d’emblée François qui, au long des 113 pages de son texte n’hésite pas à fréquemment tutoyer son lecteur pour mieux insister sur le caractère très personnel de son exhortation à la sainteté.

Le mot de...

Mge François Fonlupt, évêque de Rodez et de Vabres

Gaudete et exsultate

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« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse » Mt 5,12

Il ne faudrait pas que la rapidité et la succession des événements nous fassent passer à côté de paroles ou d’interpellations importantes.

Le 19 mars dernier, en la fête de Saint Joseph,  le Pape François nous a offert un beau texte « Gaudete et Exultate » faisant résonner d’une manière vivante et dynamique l’invitation à la sainteté qui travaille toutes nos existences. Ce texte est accessible, aisé à la lecture et la compréhension. Il peut être heureux pour nous de le lire et de le réfléchir, que ce soit personnellement ou en groupe. Il vient faire résonner au plus profond de nos vies l’appel qui leur est adressé et qui les entraîne.

Pour nous inviter à la lecture et nous soutenir dans sa découverte je me permets d’en évoquer quelques points forts :

Il s’agit bien de percevoir ce qui est un appel ; car nos vies sont orientées par un appel. Appel à la sainteté, dans le monde actuel. La sainteté n’est pas réservée à, quelques personnes exceptionnelles dans leur histoire ou leur trajectoire, mais elle se vit, s’accueille et se déploie « dans le patient peuple de Dieu ».

La sainteté est l’appel que Dieu inscrit au plus profond de nos existences. « C’est cela, souvent, la sainteté ‘de la porte d’à côté’, de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu… » GE 7. Elle est cette invitation, cette mission « pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Evangile ». « Chaque saint est une mission. » GE 19.

Une manière, pour le Pape, de nous entraîner est de nous proposer de relire avec cet horizon l’Evangile des Béatitudes (Mth 5). C’est d’ailleurs l’Evangile que nous lisons en la fête de Toussaint.

‘A travers celles-ci se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies. » 63.
Etre pauvre de cœur, c’est cela la sainteté ! 70
Réagir avec humble douceur, c’est cela la sainteté ! 74
Savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté ! 76
Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté ! 79
Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté ! 82
Garder le cœur pur de tout ce qui souille l’amour, c’est cela la sainteté ! 86
Semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté ! 89
Accepter chaque jour le chemin de l’Evangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté ! 94

Il nous appartient donc de laisser ce mouvement s’inscrire en nos cœurs, sans séparer cet appel de l’Evangile, de la relation avec le Seigneur (cf 100), et également, sans suspecter l’engagement social des autres. « Donner et pardonner, c’est essayer de reproduire dans nos vies un petit reflet de la perfection de Dieu, qui donne et pardonne en surabondance. » 81

La sainteté est à vivre dans le monde actuel, dans la réalité du quotidien, dans la diversité de ce qui fait nos vies. Au sein de la culture d’aujourd’hui, de ses fragilités et de ses limites. Elle nous entraîne à la patience et la douceur.  « La force intérieure qui est celle de la grâce nous préserve de la contagion de la violence qui envahit la vie sociale, car la grâce apaise la vanité et rend possible la douceur du cœur. » 116.

Elle est un combat, car la vie chrétienne est un combat. Et cette lutte est très belle. 158. Combat de la vigilance, contre la mentalité mondaine, combat contre sa propre fragilité… Il s’agit de tenir dans cette attention, de ne pas s’endormir, de discerner ‘pour reconnaître le temps de Dieu et de sa grâce.’ 169.

C’est un appel que le Pape adresse à tous les chrétiens : ‘faire chaque jour, en dialogue avec le Seigneur qui nous aime, un sincère ‘examen de conscience’ 169. C’est aussi cet appel auquel nous essayons de répondre en Eglise, aujourd’hui, à travers les deux années de célébration du synode, et la période actuelle où nous nous attachons à déployer dans une mise en œuvre, ce que nous avons discerné.

Marie a vécu comme personne les béatitudes. Elle est celle qui tressaillait de joie en la présence de Dieu, celle qui gardait tout dans son cœur, et qui s’est laissé traverser par le glaive…. La Mère n’a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n’a pas besoin que nous fassions trop d’efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore : « Je vous salue Marie… » 176.

Ce mois de Mai nous y invite. Que Marie nous accompagne dans l’accueil de cet appel à sainteté, et dans la reconnaissance de tous celles et ceux qui la reflètent.