Le billet de...

Solidarité

L’histoire de l’agriculture nous rapporte que la solidarité  a toujours été un maître mot dans les campagnes. Dans les moments difficiles, les agriculteurs ont su inventer des formes d’entraide : mutuelles, coopératives, groupements, des structures pour organiser la solidarité. Le temps passe, les exigences gestionnaires, bureaucratiques, ont éloigné ces organisations du simple agriculteur. Les délégués élus devront se replonger dans les intuitions d’origine pour retrouver le sens de la solidarité initiale, qui donne priorité aux hommes sur l’argent. Organiser l’entraide en ne laissant personne au bord de la route, qu’il s’agisse de la production, de la vente des produits, de la santé, de l’argent.

Mais avec les temps qui changent, la crise actuelle de l’agriculture c’est un « sauve qui peut ». Fort heureusement, des initiatives personnelles naissent un peu partout ; vente directe, culture bio, productions nouvelles, façons culturales  renouvelées, souci du consommateur.

Les initiatives sont à encourager et témoignent de cette belle réaction, d’être présent dans la société. Mais en même temps apparait un certain individualisme « j’ai trouvé ma solution pour moi seul ». Il n’y aura pas de solution durable et solide sans une organisation communautaire des agriculteurs. L’esprit de solidarité est à inventer pour aujourd’hui, dans cette société qui l’oublie beaucoup.

Solidaires dans nos villages, dans le travail ; quand les fermes grossissent on s’éloigne du voisin. Solidaires dans nos productions, dans nos régions, solidaires en France avec une Europe à construire. Les avis et les opinions peuvent s’affronter. Il reste que pour être écouté et reconnu, avec une population agricole de moins en moins nombreuse, il faut apprendre, après échange, écoute, discussion, quand on le peut, à parler d’une même voix. Les nombreuses solidarités sont autant de petits cailloux qui font le chemin de la charité. Ce travail communautaire, le chrétien l’apportera chaque dimanche à la messe dominicale, pour l’offrir, qu’il devienne charité en Christ.

 

Marie-Thérèse Lacombe