Crise Agricole

Agriculture

Message des évêques de France à la veille de l'ouverture du salon de Paris

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DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT, PARIS, 21 FEVRIER 2018

Votre mission est unique et nécessaire

Comme en 2016, une délégation d’évêques se rendra au Salon International de l’Agriculture le 26 février 2018. Témoins à la fois de la passion avec laquelle les agriculteurs exercent leur métier et des difficultés auxquelles ils sont confrontés, les évêques veulent ainsi leur manifester leur proximité, leur attention et leur soutien.

Nous savons que la crise agricole que vous traversez est toujours là, profonde, complexe et multiforme. Beaucoup parmi vous souffrent et s’inquiètent pour leur avenir. Face à cette réalité, nous ne pouvons pas nous satisfaire des approches et des discours marqués par la situation de l’après-guerre et les années de forte croissance économique et d’amélioration des conditions de vie qui l’ont suivie. Aujourd’hui, nous mesurons à quel point les temps ont changé. Notre rapport au monde, au travail, à l’économie, à la technologie, à la terre, à la création soulève bien des questions et nous met devant de nouveaux défis, dont celui du respect de l’environnement, que nous sommes appelés à relever tous ensemble.

Ces défis dépassent votre seule profession : ils nous concernent tous et ils ont une dimension internationale. Ils nous interrogent notamment sur la société que nous voulons pour aujourd’hui et pour demain. Ils nous conduisent aussi à questionner les processus économiques tant mondiaux que locaux, pour que soit mieux pris en compte tout ce qui touche à la sauvegarde de notre maison commune et à son avenir. Et nous ne voulons pas ignorer vos solitudes et vos inquiétudes devant ces défis universels. Mais alors, quelle agriculture voulons-nous pour demain ? Quels changements et conversions devons-nous opérer dans nos modes de vie ?

Nous ne pouvons pas nous résigner à un avenir incertain pour l’agriculture.  Voilà pourquoi, comme pasteurs de l’Église catholique, nous voulons vous adresser un message de soutien.

Nous croyons qu’il est vital que le travail agricole soit reconnu par l’ensemble de la société. Cette reconnaissance doit passer par une juste rémunération de votre travail, ce qui, hélas, n’est pas le cas dans bon nombre de filières. Votre travail permet de produire ces aliments dont nous avons tous besoin pour vivre. L’agriculture doit garder sa noble mission : offrir une nourriture de qualité, la plus accessible à tous, et contribuer à l’entretien des espaces ruraux auxquels nous sommes tant attachés.

La terre avec son sol vivant est la matière principale de votre métier ; c’est elle que vous travaillez. C’est d’elle que dépend notre pain quotidien. Aussi est-il vital de prendre soin de cette terre, de la protéger, comme le pape François nous y invite dans son Encyclique Laudato si’.Cultivons « cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement », parlons « le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde », ne soyons pas le « dominateur, consommateur ou pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats » (Laudato si’, n° 11).  

La capacité à s’émerveiller devant la Création est le terreau de la conversion écologique attendue par beaucoup. Par votre métier, vous savez que cet étonnement et cet émerveillement se cultivent au quotidien. Vous êtes porteurs d’un savoir-faire unique que vous devez développer et transmettre.  C’est ainsi que notre terre pourra continuer à procurer à tous le pain quotidien sans être abimée et dégradée.

Nous souhaitons que toute notre société prenne vraiment les moyens de vous écouter, de recueillir les fruits de votre savoir-faireet devienne ainsi toujours plus soucieuse d’une écologie intégrale.

Car la crise socio-environnementale que nous affrontons « requiert une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus, et simultanément pour préserver la nature » (Laudato si’, n° 139).

Nous sommes témoins qu’au milieu des changements, souvent sources d’inquiétude, se développent de nombreuses initiatives créatrices et innovantes, pour produire dans le respect de l’environnement et la recherche d’une qualité croissante,pour progresser dans les domaines de la coopération et de la mutualisation des moyens.Nous encourageons et soutenons toutes ces initiatives.

 Dans l’histoire, votre professionnalisme et votre amour de la terre ont témoigné de votre capacité à vivre des transitions, à surmonter bien des obstacles.

Face à l’ampleur des défis d’aujourd’hui et à la lumière de la Foi, nous vous redisons notre confiance, notre solidarité et notre soutien. Nous appelons la société entière à œuvrer pour une meilleure reconnaissance de votre travail, de votre mission unique et nécessaire.  

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

Agriculture

Mgr Fonlupt, à Rodez, le 9 février dernier, avec des jeunes agriculteurs, lors d'une journée d'action des agriculteurs de l'Aveyron.Le mot de...

Mgr François Fonlupt, évêque de Rodez et de Vabres

L’Eglise a pour mission, sur un territoire, de témoigner et d’être signe de la proximité du Dieu qu’elle annonce à la vie des hommes et des femmes, à leurs joies et leurs espoirs, comme à leurs inquiétudes et leurs angoisses. Comment vivre et signifier cela si n’est par une proximité aux uns et aux autres, autant qu’il est possible ?

La terre de l’Aveyron est un territoire rural, travaillé, entretenu, valorisé par de nombreux agriculteurs, dans bien des filières de l’élevage. 

Évêque de ce diocèse il est de ma responsabilité, autant qu’il est possible, de manifester mon attention et ma présence à celles et ceux qui sont investis dans ce travail de la terre.

Je suis, à chaque rencontre, impressionné par la passion et le goût de ceux et celles qui investissent plus que de raison dans ce métier d’agriculteur. Je mesure aussi les évolutions vécues et l’engagement de beaucoup pour continuer à offrir des perspectives par la production de produits de qualité. Je suis aussi marqué par la grande complexité de cette activité entre les différentes manières de travailler, les possibilités et les choix des uns et des autres, et la dépendance, qui ne peut que poser question, vis-à-vis des distributeurs, des filières, des financiers. On peut comprendre la colère qui s’exprime lorsque le maintien ou non d’une prime semble dépendre de la redéfinition administrative d’un territoire. Les quelques milliers d’euros en questions sont tout simplement vitaux pour la survie des personnes, comme celle de leur exploitation.

Je mesure la précarité et la vive inquiétude de certains, le désespoir et le départ brutal de quelques-uns.

Comment sortir de cette précarité, pour donner un horizon plus ouvert et plus confiant à ceux qui, par leur travail  nous apportent la nourriture de chaque jour ? Les décisions à prendre peuvent sembler nous dépasser, elles appellent cependant une prise de conscience et un changement de comportement de chacun. Elles peuvent aussi être soutenues par une attention, une proximité, une présence. Il a là ce qui peut aussi ouvrir un avenir.

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Conversion réussie

S'installer, c'est possible, et ça marche !

Après avoir exercé plusieurs métiers, Alexandre a choisi une activité qui lui tient à coeur, rend hommage à sa famille et le met en relation avec les autres. Il témoigne aujourd’hui de la joie de cette conversion et de cette ouverture aux autres.

ur le plateau, entre Dourdou et Dazes, la nature semble endormie sous son manteau neigeux. Le long de la petite route qui mène à « La Brousse », trois chevreuils, dérangés par le bruit du moteur, détalent à travers champ pour rejoindre le bois. (lire la suite...)

 

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Agriculture et avenir

Au coeur des difficultés, l’heure des choix

Développement du bio, vente directe, modification des habitudes alimentaires, mondialisation… les agriculteurs font face à des contraintes et blocages qui, souvent, ne dépendent pas d’eux. Jean-Marc, producteur ovin dans l’est du département, a fait le choix de transformer le lait de ses brebis. Paul, dans le Ségala, vend le lait de ses 40 vaches à la coopérative laitière. Regards croisés et… souvent convergents. (Lire la suite...)

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Le billet de... Marie-Thérèse Lacombe

Solidarité

L’histoire de l’agriculture nous rapporte que la solidarité a toujours été un maître mot dans les campagnes. Dans les moments difficiles, les agriculteurs ont su inventer des formes d’entraide : mutuelles, coopératives, groupements, des structures pour organiser la solidarité. 
Le temps passe, les exigences gestionnaires, bureaucratiques, ont éloigné ces organisations du simple agriculteur. (Lire la suite...)

 

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anthony soulié crise agricole aveyron

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Agneau du Quercy

La qualité a un bel avenir… malgré tout !

Catherine s’est installée en 2004 sur une petite exploitation en ovin viande dans le Causse Villefranchois. À la tête d’un cheptel d’une centaine de brebis, elle produit l’agneau laiton du Quercy avec un groupement de producteurs en label et en IGP (indication géographique protégée). Malgré les nombreuses contraintes, elle est confiante dans l’avenir de sa filière.

J’ai choisi de faire un produit de qualité, j’ai peu investi, du matériel d’occasion pour la fenaison,... (Lire la suite...)

 

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Portrait

Anthony : recevoir, protéger, transmettre

Installé non loin de Rodez, le jeune exploitant agricole a fait le choix de dépasser la simple fonction de producteur laitier en partageant avec enthousiasme son amour du métier.

La nuit commence à tomber sur la bergerie, au coeur du causse de Sainte-Radegonde. L’activité de la ferme ne s’arrête pas pour autant, au contraire. C’est l’heure de la traite. Anthony et sa mère s’affairent dans la salle de traite et la bergerie. Pourtant, le jeune agriculteur de 29 ans n’hésite pas à s’interrompre pour expliquer le fonctionnement de leur ferme. « Ici, nous avons 500 brebis laitières..." (Lire la suite...)

 

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Regard

Cultiver le jardin du monde

Par le père Jean-Marie Pomié, aumônier du Mouvement chrétien dans le rural (CMR 12)

Je suis émerveillé par la capacité qu’ont des agriculteurs à s’organiser, s’adapter, se réorienter, trouver des débouchés, créer des outils collectifs, coopératifs (Lire la suite...)