Agriculture

Conversion et ouverture aux autres

Quelque chose du mystère de Pâques ?


Après avoir exercé plusieurs métiers, Alexandre a choisi une activité qui lui tient à coeur, rend hommage à sa famille et le met en relation avec les autres. Il témoigne aujourd’hui de la joie de cette conversion et de cette ouverture aux autres.

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Sur le plateau, entre Dourdou et Dazes, la nature semble endormie sous son manteau neigeux. Le long de la petite route qui mène à « La Brousse », trois chevreuils, dérangés par le bruit du moteur, détalent à travers
champ pour rejoindre le bois. Quelques dizaines de minutes auparavant, c’est dans la maison de pierre, où il habite, à l’entrée du village de Golinhac, que nous avions longuement échangé. Autour d’un café et de quelques biscuits sablés – l’accueil avant tout ! – dans un intérieur chaleureux, le jeune homme s’est replongé dans la vie, ou plutôt les vies, qui l’ont conduit jusqu’à l’exploitation. « J’ai toujours eu deux idées, deux rêves – parmi
d’autres ! – depuis l’enfance : enseigner et me lancer dans l’agriculture. »

« Le secteur de l’architecture était saturé en Aveyron, lorsque j’ai terminé ma formation. J’ai commencé à travailler grâce à des petits boulots, dans divers secteurs. » Ni regret ni remord, alors , d’avoir changé de cap et, le temps de quelques années, pu transmettre un savoir à des lycéens d’abord, puis à des écoliers ensuite, qui l’ont ramené vers des fondamentaux et en qui il a retrouvé la fraîcheur, la soif d’apprendre et l’appétit de la découverte. L’attrait pour l’agriculture toujours présent et l’attachement viscéral à la ferme familiale conduisent Alexandre à franchir le pas et à décider de reprendre l’exploitation lorsque son oncle annonce sa retraite. « C’était très important de connaître le territoire, les gens qui l’habitent, l’histoire de la ferme et de ma famille. D’avoir aussi mûrement pris ma décision. Mais ce n’était pas suffisant. » Une formation technique et qualifiante d’une année a amené le trentenaire à analyser l’environnement dans lequel il allait évoluer, les possibilités, les ressources, les évolutions possible. « Comme enseignant, je travaillais avec d’autres, je me déplaçais, pour des remplacements. Agriculteur, sur une petite exploitation, je suis sédentaire et solitaire. Je dois faire face seul aux prises de décisions, notamment pour entreprendre des travaux ou simplement faire face à un agnelage en pleine nuit. » La formation est en ce sens précieuse et incontournable, comme l’est l’ouverture aux autres. Alexandre enrichit chaque jour davantage son réseau dans le monde agricole, avec ses voisins, avec les organismes, la coopérative et les entreprises.

Pour l’entraide, pour le travail, comment faire sans les autres ? »

Le jeune homme n’est reste pas à ce stade. Tisser son réseau permet tout simplement une vie sociale : « Se connaître, se croiser, discuter,… gratuitement. » S’il a choisi de changer de vie, comme un printemps qui renait, s’il relève le pari de continuer à faire vivre ce vrai métier, promoteur d’une agriculture traditionnelle et raisonnée, s’il s’est résolument tourné vers une activité qu’il exerce en solitaire, Alexandre arbore un sourire radieux pour regarder avec joie et satisfaction son choix de conversion et d’ouverture aux autres. Aujourd’hui, il encourage vraiment ceux qui ont ce projet, ou qui hésitent, à se lancer. Car il faut « maintenir nos exploitations, notre agriculture, nos paysages, notre tissus rural, nos villages ! Que nos campagnes renaissent aussi ! » Plus qu’une rêve ou une utopie : une nécessité.

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Repères

La Brousse aujourd’hui : ferme familiale, reprise à la suite de ses grands-parents et de son oncle, 60 hectares dont 40 cultivables, 240 brebis

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Mini -bio

  • 1984 : naissance puis enfance à Golinhac
  • 2002 - 2008 : études en école d’architecture à Clermont-Ferrand
  • 2011 - 2015 : professeur en lycée technique puis en école primaire
  • 2015 - 2016 : Formation à la gestion d’une exploitation agricole

Présent

  • Éleveur ovin (agneau label rouge) à Golinhac, troupeau de 240 têtes.

Futur

  • Moderniser la ferme : mécaniser la distribution de la nourriture, agrandir la bergerie
  • Porter le cheptel à 300 bêtes
  • Privilégier les méthodes d’élevage et de culture traditionnelles
  • Réhabiliter la maison pour résider sur place